Il pleut. L’eau c’est la vie. L’eau c’est beau, c’est la fête à la grenouille. Il pleut. Je n’ai plus de soleil pour chauffer ma barque. J’ai l’âme humide et les pieds froids. J’ai la goutte au nez, la larme à l’œil. J’ai envie de danser, chanter, sentir l’univers sous mes pas, le temps qui s’échappe, comme un chapelet de présence. Je voudrais être là, dans cet endroit de célébration. Je voudrais un feu de joie, un feu purificateur, un feu sacré. Je voudrais retrouver le chemin cerclé de ronces, sentir l’égratignure de l’autre. Je voudrais courir avec les loups, mes frères, sentir l’humus de la forêt, la vibration de ma narine. J’ai jardiné, creusé la terre avant hier, j’ai planté. La vie se gorge d’eau. Je l’entends, la sève qui monte et croit. Je voudrais une autre illusion, inventer ma vie, vivre. Je cherche le présent, la présence, dans ce désert humide.
El rio abajo rio
avril 11, 2012 à 8:23 (Tableaux)
La LLorona, Clarissa Pinkola Estes
La rivière sous la rivière
Au jardin
mars 28, 2012 à 9:10 (Je est un autre)
J’ai des sous-pire comme des sous-fifres dans la caboche. Et ça travaille et ça travaille sans maitrise, sans diplôme, comme ça, gratuitement, avec une once d’acharnement. Malgré tout, ça avance, ça fonctionne, j’ai un fonctionnaire dans l’inconscient, il veille sur la bonne santé de mes états d’âme.
J’ai planté des semis hier, potimarron et concombre, les tomates en avril et le reste, en pleine terre, en mai. C’est vivifiant de travailler la terre, j’aime me salir les mains, j’adore toucher comme une caresse le terreau, je sens la vie comme une promesse entre mes doigts. De l’eau, du soleil et les nutriments nécessaires pour faire naitre les petites graines. Le silence du germe, chut ça pousse ! A cette image dans mon esprit, je sens la germination d’idées nouvelles, après la mort, la renaissance. Je lisais hier qu’il fallait savoir mourir en habitude comme en amour. C’est finalement la même chose qu’en théâtre, l’habitude tue le personnage. Le germe de la mort contient le germe de la vie et vice et versa. C’est pas sorcier, c’est une règle. Le cycle perpétuel, la roue qui tourne. J’ai des envies de vie, j’ai eu une belle mort cet hiver, je dois dire que j’ai bien arrosé le tout avec un peu de sel pour que ça soit moins fade. J’ai lavé, décortiqué puis défriché. Après l’âme en berne, j’ai l’âme en germe ! Drôle de truc !
Le cœur en friche
mars 27, 2012 à 9:02 (Je est un autre)
Faut-il oublier les jours fastes qui regorgeaient d’amour ? J’ai des cris plein le corps et ça suinte et ça transpire dans mes yeux cerclés de noir. Les personnes autour de moi sont floues, spectres sans formes, ectoplasmes qui hantent mes sphères inventées. J’erre à la recherche d’un objet sans nom, un objet ou autre chose, je ne sais pas, j’erre sans savoir, sans lumière, sans but. Je ne peux dire si je suis sur le bon chemin, ni même si ça existe un bon chemin. Je voudrais me poser sur une terre et jardiner. Je voudrais m’assoir et regarder les fleurs pousser, contempler la faune et la flore besogneuses, en extase devant la perfection, l’unité, regarder les éléments faire corps avec la vie, retrouver en moi cette même vie et vibrer. Je cherche la mèche dans les cendres, je voudrais bruler à nouveau, regarder les braises et me chauffer au feu d’un impossible rêve. Je me manque.






